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09 novembre 2020
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Au moment du grand rassemblement de la transhumance, c’est à qui sera devant pour mener la cadence. Cette migration nécessite un minimum d’organisation et c’est aidé de leurs chiens que les pâtres coordonnent le départ en s’efforçant de discipliner les broutards très chahuteurs, sous l’œil attentif des randonneurs…
«Aé ! Enfin le signal de départ est donné et c’est alors que la transhumance se déchaîne rythmée par les sonnailles et clarines. Les brebis par centaines, déboulent, courent, sautent filent à toute berzingue. Après la petite bousculade assez rapidement maîtrisée, les troupeaux sont en route pour quelques heures de montée vers la « bonne herbe » et ne mettent pas longtemps à trouver leur vitesse de croisière animée par les « oh » et les « ha » des touristes médusés ».


Du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), la transhumance qui est un des métiers les plus anciens de la planète, est la migration du bétail vers les estives favorisant l’engraissement et la reproduction des troupeaux durant les mois d’été. Les chemins de la transhumance dans le Couserans sont empruntés en juin et la redescente en octobre avant les premières gelées.
Ces grands courants de transhumance à pied étaient aussi empruntés autrefois par la famille du berger toute entière en quête de fraîcheur mais aussi pour y fabriquer le fromage sur place avec la collecte journalière du lait. C’est ainsi que l’on peut encore apercevoir aujourd’hui ces granges foraines qui servent actuellement d’abris pour les agneaux en cas d’orage et le stockage du foin pour l’hiver.


Il est des savoirs qui se sont perdus, par manque d’usage mais la transhumance reste aujourd’hui un vrai travail. Les associations pastorales ont pour objectif de sauvegarder et de défendre tous les modes d’élevage ainsi que les intérêts communs regroupant et fédérant éleveurs et bergers. Elles permettent également de faire connaître au grand public l’intérêt du pastoralisme pour la biodiversité et de poursuivre toutes activités et opérations se rattachant directement ou indirectement à ces actions.
En effet les retombées sont indispensables sur la santé des animaux, l’entretien de l’espace montagne, la vie du pastoralisme, l’entretien des chemins, cabanes et accès à la montagne et…la qualité de la production de viande et du lait, accessoirement le cuir et autrefois la laine.
Ce tissu associatif pastoral qui organise chaque année des animations rurales telles que des foires, des festivals ou des expositions contribuant ainsi à la valorisation des produits liés au pastoralisme, regroupe les transhumances du pays Massatois, Bethmale, Biros et Haut-Salat.