Que ce soit le temps des hommes ou le temps de la nature, les cycles passent et se renouvellent. Parfois, on s’épuise à courir après le temps, et on est heureux de se reposer dans ses traditions, simplement.


L’« authenticité » est une valeur chère à tous les slogans du « tourisme vert » : personne ne sait pourtant vraiment la décrire. Le mieux, c’est encore de vous donner quelques exemples de ce qui nous semble être important dans l’ADN de ce coin de montagne : le festival Autrefois le Couserans ou les Transhumances lient les générations dans un passé paysan commun ; les foires de Printemps nous poussent… à faire pousser ! Du vert, de l’espoir, de l’avenir. L’attachement à la terre pour certains, le retour à la terre pour d’autres, peu importe.

Et si l’authenticité, finalement, c’était simplement le retour à la nature et à l’humain ?

On est tous prêts à vous embarquer ! Le marché de Saint-Girons est un très beau premier voyage initiatique, pour commencer votre quête d’identité couseranaise.

Le Marché de Saint Girons

“Un samedi matin sur la Terre” ! C’est un défi parfois difficile, dans nos montagnes comme ailleurs, d’accepter nos différences, de communiquer, d’échanger, de partager. Pourtant, le lieu et le moment qui cristallise tous « les Couserans », c’est le marché de Saint-Girons. On y observe tous les bienfaits du brassage culturel qui s’opère en Ariège depuis des décennies. Les traditions locales sont bien vivantes et, n’en déplaise à certains, elles sont aussi nourries par les arrivées successives de nouveaux habitants. Parmi ceux-là, beaucoup ont un attachement à la terre au sens premier. Et celle-ci le leur rend bien !

Alors venez flâner dans les allées colorées, sentir les odeurs d’épices ou de grillades, goûter un fromage, une viande, une charcuterie ou un miel de montagne – et juste après manger un nem vietnamien ou un sandwich libanais – acheter vos légumes ou vos petits fruits bio mais surtout locaux, vous faire plaisir avec un bijou ou un savon « fait-main », ramener une aloe vera pour votre intérieur et tellement d’autres achats pour soutenir une économie bien réelle. 

Autrefois le Couserans

Chaque année, entre fin juillet et début août, ils sont 900 participants et figurants bénévoles, 300 animaux à défiler dans les rues pendant les journées rurales d’Autrefois Le Couserans.

C’est une des plus grandes manifestations de l’Ariège, pour laquelle environ 25 000 personnes se déplacent pour remonter le temps. Un énorme succès populaire qui a puisé ses lettres de noblesse dans la mémoire collective des anciens à un moment clé de l’histoire de l’agriculture et de son évolution.

Produits fermiers labellisés d’origine, races locales souvent récompensés au salon de l’agriculture sont exposés à Saint-Girons parmi les machines agricoles d’un autre temps : faucheuses, batteuses, charrettes, chars et tombereaux guidés par des hommes, des femmes, des enfants en costumes d’autrefois.

Bœufs, chevaux, ânes, mules tirent les attelages de bois, de foins, de blé suivis du cortège de moutons, chèvres, oies, canards.
Tiens voici les lavandières, les couturières, les gardeuses d’oie, le livreur de lait, le facteur, le rémouleur, le marchand de pain, les porteurs d’eau, les marchandes des quatre saisons, la classe 1900 et Monsieur le curé…

Si la nostalgie a ici le goût de l’enfance passé à la campagne en compagnie de ses grands-parents le temps des grandes vacances, elle est aussi porteuse de sens pour comprendre le présent et anticiper l’avenir.

Les Foires de Printemps

C’est quand plusieurs milliers d’oiseaux migrateurs annonciateurs du printemps survolent les Pyrénées dans un ballet aérien spectaculaire où se mêlent rapaces et passereaux que l’on peut se dire que les foires de printemps vont commencer à animer nos vallées… Quelque soit le nom qu’elles se donnent, elles sont l’occasion d’échanges et/ou de ventes de plants, de semis, pour préparer son jardin de l’année.

C’est le dernier jour des Saints de Glace ! Désormais le royaume de la terre du sud, que le soleil caresse du bout de ses rayons, appartient aux fleurs et aux plantes. Elles coloniseront jardinières, parterres, devants de maisons, bordures et poteries, tout leur convient pourvu qu’elles soient ensemble. 

Ici, les « Oeillets d’Inde » et les « Capucines » remarquent la présence de la charmante « Violette » qui s’est déplacée spécialement de Toulouse. Plus loin, la « Dimorphética » salue discrètement la belle « Scaévola ». A leur tour, les opulents « Géraniums vivaces » parlementent avec l’aimable « Dipladinia ».  

Ce n’est pas tout ! Timides mais envahissantes, les plantes odorantes de la St-Jean, Sureau, Millepertuis et Clématites sont au rendez-vous. Nationalement connues pour leurs vertus médicinales, clamées autrefois par les moines, les apothicaires et nos grands-mères, elles sont aujourd’hui avérées par les pharmacologues. 

Et pour finir, les préférés des jardiniers-cuisiniers : la grande famille des plants de légumes. Tomates, poireaux et salades élevés en milieu biologique défileront côte à côte dans un tourbillon de couleurs. 

Enfin voilà à présent, notre ami spécialiste, le Gros Bourdon Brun, qui prend bruyamment son envol et se perd dans la constellation dorée qu’il dessine sur le firmament vert des rhododendrons. Parfum de miel amer, mélange étrange de sucre et de chlorophylle, il lui semble comprendre chaque espèce de ce cortège botanique.